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L'accordéon dans la musique bretonne



Arrivé en Bretagne vers 1850, l'accordéon diatonique ne tarde pas à concurrencer sérieusement les autres instruments traditionnels. Rapportés par des marins ou venant de la ville, plusieurs éléments expliquent cet engouement :


Les accordéonistes souvent amateurs, pouvaient remplacer avantageusement un couple traditionnel pour bien moins cher. Quand ce ne sont pas les sonneurs qui s'adaptent à la boite à souffle ! Tout ceci a fait que dès 1930, l'accordéon avait conquis toute la Bretagne remplaçant ou accompagnant les instruments plus anciens. Puis l'arrivée du chromatique, aux boutons uni-sonores, finira la conquête entamée par le diatonique, amenant encore un autre répertoire, et plantant l'étendard accordéonique sur les fêtes de Cornouaille de cette année.

R.


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Le saviez-vous ? L'aire à battre



Lorsque nous parlons de danse, nous sommes amenés à évoquer l'aire à battre : " Al leur nevez ". En effet, la confection de cette surface, où on entreprenait le battage de la moisson au fléau, était les siècles passés, le théâtre d'une grande fête où on aimait bien danser. Mais que sait-on de plus à ce sujet ?

La réfection de l'aire neuve fait appel à l'entraide villageoise. Quelques semaines avant la fête, les volontaires charrient et pétrissent sur place le mortier (terre jaune + eau), pieds nus ou à l'aide de chevaux, afin de faire déposer tous les petits cailloux au fond du mortier. Il faut absolument avoir une surface bien lisse et exempte de cailloux qu'on retrouverait parmi les grains.

La "sonorisation" de l'aire est une pratique courante : plusieurs vases sont enfouis dans le mortier, ouverture vers le bas, ce qui provoque une résonance pour donner le rythme aux batteurs qui frappent la moisson.

Cliquez pour agrandir Après séchage du mortier, la fête est annoncée publiquement après la messe et tout le monde est invité : patrons, domestiques... "Fest ar Leur nevez " est une fête très prisée de la population mais aussi un travail car la danse a pour but premier de tasser le mortier de l'aire.

A la fin du 18ème siècle, il existe un cérémonial d'ouverture : un cortège (musiciens, maître de maison, amis) fait le tour de l'aire. Les femmes clôturent la marche avec des présents (lait, beurre, mouton ... ). Les danses sont entrecoupées de divers jeux comme le "galopadek kog" qui consiste à attraper un volatile choisi pour sa vivacité. Suivant sa richesse, le maître des lieux peut offrir une collation aux invités.

Il faut savoir que cette fête a toujours été réprouvée par le clergé et les autorités civiles sous prétexte de nombreux désordres (boissons aidant ... ). Des arrêts du Parlement de Bretagne du début 1700 interdisaient les danses publiques les dimanches et fêtes.

Mais malgré ces réprobations ce sont les nouvelles techniques de battage qui sont la cause de la disparition des aires neuves début 20ème siècle.

"TIEZ : Le paysan breton et sa maison"
Edition Chasse Marée.




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