
Mai 98
Le saviez-vous ? La langue bretonne
Depuis le XIe siècle, le breton n'est plus la langue utilisée à la cour et dans l'administration ducale, remplacé par
le français ou le latin. Le breton apparaît comme un dialecte rude et grossier. Ce constat perdure durant les siècles
à venir.
La révolution va chercher à créer une nation unique en France en uniformisant les langues parlées sur son territoire.
C'est à dire en détruisant les particularismes des populations faisant office de nations sous l'Ancien régime. Il faut
imposer le français.
Au XVIIIe siècle, la pratique de cette langue est très inégale. Les élites intellectuelles sont francisées, alors que
les campagnes sont majoritairement bretonnantes. Dans les villes, la plupart des habitants sont bilingues.
Au XIXe siècle, vient d'Angleterre un intérêt pour la littérature celte. En Bretagne, les sociétés savantes vont
chercher à sauvegarder la langue bretonne dont seul le peuple souvent analphabète est dépositaire. De nombreux travaux
apparaissent sur la langue bretonne avec des personnes comme La Villemarquée ou A. Le Braz. Ils participent entre
autre à la rédaction de certaines revues (Feiz ha Breiz [1865], Les Annales de Bretagne [1897]). Parmis les
recherches, certaines sont douteuses et discréditent l'ensemble des recherches faites.
En 1805, c'est la création de l'Académie celtique par Le Gonidec qui va épurer, codifier le breton et lui élaborer une
grammaire. Cela lui vaut le titre de "Tad ar Brezoneg" (le père du breton).
Il faut attendre 1870 pour soit présentée une requête pour l'enseignement du breton. Cela n'aboutit pas. Une seconde
tentative aura lieu en 1923, sans plus de succès. Le gouvernement s'oppose activement à cette langue, principalement
dans le milieu scolaire avec des amendes contre les instituteurs, punitions et brimades contre les élèves osant
parler le breton.
Au début du XXe siècle, des celtisants continuent l'oeuvre de Le Gonidec pour l'enrichissement des langues bretonnes.
Ils vont se regrouper au sein de l'Académie Bretonne et au sein du Comité de Préservation de la langue bretonne. Ils
vont aboutir à l'entente des écrivains bretons pour l'unification orthographique de trois dialectes : le Kerné, le
Léon et le Trégor, qui vont former le KLT en 1908. Le vannetais reste à part car vraiment différent.
Au lendemain de la première guerre mondiale, un parti bretonnant va présenter à la SDN et à la conférence de paix de
Versailles un document demandant la reconnaissance de la liberté bretonne culturelle et administrative. Aucun résultat
n'en découle.
En 1938, le gouvernement fait une conssession : il autorise d'ouvrir des cours facultatifs de breton, à l'école ou
pour adultes. Il explique sa réticence par le manque d'unification de la langue.
En 1941, des linguistes (pas une majorité) son d'accord sur de nouvelles règles orthographiques tenant compte du
vannetais. C'est une orthographe universitaire. Cela est remis en question après la guerre. A la même date est créé
l'institut celtique qui obtient une heure mensuelle bilingue à la TSF de Rennes qui devient une heure hebdomadaire
puis puis une heure par jour. De plus, l'enseignement de la langue est accepté le 12 octobre 1941 à raison d'une
heure et demie hebdomadaire.
Après la guerre, à cause de la collaboration avec l'Allemagne de certains bretons bretonnants, parler breton est
douteux. C'est une période de léger déclin.
Dans les années 1950, 1970, la radio va accorder trente minutes hebdomadaires au breton et la télévision une minute
bimensuelle. Depuis, la progression ne cesse d'être croissante.