1er juillet 2002

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Kejadenn enflamme
le Théatre de Cornouaille

Depuis 20h, le public se masse devant les portes du Théatre de Cornouaille. Quelques minutes plus tard, la salle est pleine. Kejadenn, création mu-sicale et chorégraphique, née d'une courageuse initiative de la Fédération War'l Leur Finistère, va, dans une heure à peine, enchanter son auditoire.



Ce spectacle, en forme de pari, unique en son genre, aurait pu déconcerter, il n'en a rien été. Loins des bombardes et binious, Kejadenn et ses différents acteurs ont littéralement été acclamés par une salle pourtant «très traditionnelle».

Iffic Flattrés, Sylvie Rivoalen, Christian Rivoalen et Jean Le Floch ouvrent la soirée dans un programme de chants traditionnels à capella. Austère, grave, ce répertoire met en valeur différentes voix bien dans le ton. Le public, silencieux, cède à la rude beauté de ces gwerzioù, tragiques, superbement interprétées.
Dans une lumière diffuse, les seize musiciens s'installent. Le trombone de Dominique Delahoche attend, perché sur un portemanteau, l'étincelant piano va bientôt entrer dans le jeu et Kejadenn («Rencontre»)

Un final sous les ovations.
te-Bretagne, qu'elles mènent les joutes, les « suites » font se rencontrer les danseurs qui, de « cour en jardin », se retrouvent au centre de la scène. Verticales, horizontales, les « lignes » se coupent, les coiffes blanches, les tabliers, les châmes, les jupes, les bragoù dessient de jolies figures, dans une lumière toujours flatteuse.
Peu à peu, les spectateurs remontent le temps, ce Kejadenn a des allures de belle époque, de temps enfui forcément savoureux... L'insolite rencontre a décidément bien du charme. Pourtant, grognon, un spectateur quitte la salle, en colère. Il regrette tout haut bombardes et cornemuses. D'autres diront les étonnement tout en avouant spontannément leur plaisir de ce spectacle original, signé Alan Pierre, Thierry Riou pour la scénographie, la chorégraphie, Dominique Delahoche, Christian Faucheur, Hervé Lesvenan pour la musique. L'ovation finale sera très révélatrice du plaisir reçu. Pari gagné donc pour War'l Leur et tous les audacieux acteurs de cette soirée, qui n'ont pas hésité à dépasser les « conventions », ouvrant ainsi la porte à d'autres prestations du genre qui, sans doute, ne demandent qu'à naitre...

Eliane Faucon-Dumont

réunir deux mondes qui ne s'interprénètrent pour ainsi dire jamais.

Violons, violoncelles, flûtes, clarinette, tuba, trompettes, trombones remplacent les instruments habituels et interprètent une partition tout droit sortie d'un kiosque à musique des années vingt.

Traditionnelle, mâtinée de classique, la musique mêle les époques, les influences. Des clins d'oeils apportent ici et là une touche humoristique. Les danseurs, venus de tout
le département, entrent en scène.

Cordes, bois, cuivres mènent un bal, qui au tout début semble intimider danseurs et danseuses. Peu à peu les jambes se délient. Menée par les cuivres, la danse trouve toute sa force.

On se régale à voir tourbillonner une robe aux sons du tuba, des trompettes.

« Rencontre »

Qu'elles soient vannetaise ou de Hau-